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Full text of "Factum, pour frere Jean Richer prêtre, chanoine regulier de l'abbaye de Chaâge, ordre de S. Augustin, Congregation de France ,; prieur curé de S. Saturnin & de Nôtre-Dame de Chauconin son annexe, demandeur. Contre frere Pierre Pierre Morlon, religieux profés de l'ordre de la Sainte Trinité pour la redemption des captifs, curé de la paroisse de S. Remy à Meaux... Et contre frere Ignace Vigneaux, docteur en theologie & vicaire genral de l'ordre de la Sainte Trinité pour la redemption des captifs..."

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F J CTU M, 

POUR Frerc Jean Richer Prêtre , Chanoine régulier de l'Abbaye de 
Chaâge 3 Ordre de S. Auguftin 3 Congrégation de France ; Prieur 
Curé de S. Saturnin & de Nôtre-Dame de Chauconin fon annexe , 
Demandeur. 

CONTRE Frère Tierre Mtriox, Religieux Trofés de l'Ordre de la pinte 
Trinité four la Rédemption des captifs } Curé de la ^Varoijfe de S. Remy à 
^Meauxy dépendante du Monafterc de la fainte Trinité dudu Ordre fis au- 
dit ^Meaux* &* foy-difant 'Trieur Curé de S. Saturnin & de Notre-Dame 
de Chauconin fon annexe 3 défendeur. 

Et contre Frère Ignace Vigneaux , DoEleur en Théologie C?> Vicaire General de 
t Ordre de la Jaînte Trinité pour la Rédemption des captifs , intervenant &* 
dejfendeur. 

A queftion qui fe prefente à juger mérite toute l'attention de la Cour* 
parce que le jugement qui interviendra doit fervir de règlement fur 
une matière qui n'a pas encore été portée devant aucun Tribunal. 

FAIT. 

Le DefFendeur pourvu par le collateur ordinaire , fur la préfentation de 
Monfieur l'Abbé de Chaâge, du Prieuré-Cure de S. Saturnin , & de Nôtre- 
Dame de Chauconin fon annexe, en ayant pris pofleffion, il y eut oppoficion 
de la part des Chanoines Réguliers de C ha âge , &; le Demandeur obtint des 
Provisions en Cour de Rome & Vifa , fur lefquelles il a pris poiTeflion fans op- 
pofition le iS. Décembre 1703. & demande d'être maintenu pour trois rai- 
ions. 

Première , parce que le bénéfice dont il s'agit eft tellement affecté à la 
Communauté ou au Chapitre des Chanoines Réguliers de Chaâge , dont le 
Demandeur eft membre , qu'il fait partie de fa première fondation Se dota- 
tion. 

Seconde , parce qu'il eft du droit commun que les bénéfices foient donnez 
aux Religieux des Monafteres aufquels ils font affectez , ou au moins a des 
Religieux du même Ordre. 

Troifiéme , parce que le Deffendeur n*a point les qualitez neceflaires pour 
pofleder les bénéfices des Chanoines Réguliers de l'Ordre de faint Auguftin , 
étant Religieux Profés de l'Ordre de la fainte Trinité pour la Rédemption 
des captifs s Ordre tout différent de celuy des Chanoines Réguliers de faint 
Auguftin , par la Règle propre ôt entièrement diftincte de celle de S. Auguftin, 
fous laquelle lefïiétt Religieux Trinitaires font profeffion -, &: par le titre de 
Chanoine Régulier que ces Religieux n'ont jamais pris , Se qui ne leur a ja- 
mais été donné , par les Bulles des Souverains Pontifes , par les Parlemens , ^. 




V 






v 




PREMIERE RAISON. 

AjfeÛation du bénéfice de Cbauconin a l'Abbaye de Chaâge. 

Il ne faut poito d'autres preuves de cette propofition , que la lecture du ti- 
tre de Fondation de cette Abbaye ; il eft de Tan 1155. produit au procès 8c 
imprimé à la fin de ce Factum. Les Chanoines Réguliers de la Congrégation 
de France qui ont fuccedé aux premiers Chanoines Réguliers établis à Chaâge , 
tirez originairement de l'Abbaye de S. Victor de Paris , y ont été introduits , 
pour conferver les droits 6c biens attribuez à cette Maifon , comme il efi: por- 
té dans le procès verbal de leur établifTement , fait par Moniieur le Bcr Lieu- 
tenant General de Meaux , du 17. Décembre 1641. il eil auffi produit au 
procès. 

Le grand Confeil en confequence d'une pareille affectation , a rendu un Ar- 
reft le 31. Décembre 1683. en faveur des Chanoines Réguliers de l'Abbaye de 
S, Jean es Vignes de Soiffons , portant que vacation arrivant des bénéfices de 
■ ladite Abbaye , ils feront conférez aux feuls Religieux Profés d'icelle. 

Quant à ce que le Deffendeur pourroit dire que le Demandeur n*eft point 
Profés de l'Abbaye de Chaâge , & qu'ainfi il ne peut s'aider du titre de fa fon- 
dation! l'on répond qu'on a toujours regardé dans l'Eglife & dans le Bareau 
l'état d'un Religieux refident par Obédience en un Monaftere , égal à celuy 
d'un Religieux Profés d'un Monaftere. 

Ainfî dans l'érection des Congrégations faites durant le dernier fiecle , on 
n'a fait que remettre en ufage , au fujet des Obédiences , la pratique des fie- 
cles paÛez s qui étoit qu'un Religieux d'un Monaftere , uni avec d'autres en 
corps de Congrégation , fut immatriculé dans les Monafteres où il étoit en- 
voyé par fon Supérieur , en vertu de fon Obédience , pour y être ïeputé con- 
ventuel , &c en devenir membre , comme s'il en étoit expreffement Profés, Ibi 
veluti proprius Canonictts reputetur , gr- pro çonvcntuali habeatur ibidem 3 m omni- 
Totn.i.du èw capitularibus aliifque Jîngulis alhfats , ac fi foret ibidem expreffe profeffus , c'eft 
Buiiairc ee que porte la Bulle de Martin V. qui commence par ces mots , SoMicitudinK 
RÎne" 1 m ^ e l' an 1411- elle a pour titre : Vnio omnium Çanonicorum Reguiariunt Ordinis 
1617. fol. S. jiugnftini , ubi que prof e [forum in unam çongrçgatianem. 

SECONDE RAISON. 

Les Bénéfices doivent efire donnez^ aux ^Religieux des Monafteres d'où ils dé- 
pendent } ou a des Religieux du même Ordre. 

La première partie de cette propofition fe prouve par la difpofition de la 
conftitution du Pape Bonîface VIII. qui vivoit en 1300. au chap. 31. cum fin- 
gula. §. Probibcmus, De prœbendis in fexto ; & quoique le ^exte ne foit pas uni- 
vcrfellement receu en France: néanmoins quand ce qu'ilordonne eft conforme 
à l'équité naturelle , il tient lieu de Loy : bien plus encore quand il fe trouve 
conforme à d'autres difpofitions du Droit Canon. Or Clément V. qui tenoit 
fon Siège à Avignon , environ l'année 1314. a fait la même Ordonnance que 
Boniface VIII. c'eft le fujet de la Clémentine qui a pour titre 5 de fupplenda 
Xâglïgentia Prœlatorum l. 1. cap. unico. furquoi l'on peut voir Monfieur le Prê- 
tre en Ces queflions notables , 1. cent. chap. 9». 

Une autre Clémentine qui commence „ Cum rationi. I. i,*é*elcct. deffend de 
donner à un Religieux une Abbaye ou prélature d'un autre Ordre ou habit 
que le fien: tel étoit le Règlement du Concordat fait entre Léon X. & Fran- 
çois I. qui portoit que le Roy nommeroit aux Abbayes Ôc Prieurez conventuels 



5 

éle&ifs , un Religieux du même Ordre , Religiofum ejufdem Ordinis , avec cette 

claiiibj que fi le Roy nommoit un Religieux d'un autre Ordre , il ferait tenu 
de faire une autre nomination dans l'efpace de trois mois. L'ufage des corn* 
mandes a dérogé à cette claufê > mais cette dérogation s'eft faite lbus l'auto- 
rité des deux pu i fiances Ecclefiaftiquef & Royale - y Se comme ni l'une ni l'autre 
n'a dérogé à cette claufe , par rapport aux bénéfices qui font à la nomination 
des autres Patrons , foit Ecclefiaftiques, foit Laïques, il s'enfuit que ces béné- 
fices doivent titre conférez félon cette difpofition du droit -, c'eft-à-dire, que les 
bénéfices réguliers doivent être donnez aux feuls Religieux de l'Ordre , ou à 
des perfonnes qui feront tenues de prendre l'habit de l'Ordre , £c d'y faire 
profeiïîon , comme le veut expreffement le Concile de Trente , fejf. 24.. de re- 
format, cap. 10. 

C'eft la jurifprudencc confiante du Royaume , fuivant laquelle Monfieur 
Fleury dans fon institution au Droit Canon cliap. 19. p 378. remarque que 
pour pofleder un bénéfice régulier , il faut non-feulement Être régulier , mais 
du même Ordre, Ôe encore du même Monaftere , s'il n'eft point uni avec d'au- 
tres en corps de Congrégation. Le Deffendeur n'ignore pas cette autorité , 
car il l'a employé dans fes écritures , & il a fi bien connu la necelîité d'être de 
l'Ordre du bénéfice que l'on veut pofTeder, qu'il s'eft fait nommer au Prieuré- 
Cure de Chauconin , en qualité de Religieux de l'Ordre de faint Auguftin t 
comme il paraîtra à la Cour quand il produira fes titres. C'eft pour la premiè- 
re fois qu'il s'eft mis dans l'Ordre de feint Auguftin , jusqu'alors il n'avoit été 
qualifié que Religieux de l'Ordre de la fainte Trinité , ainfi que porte fa 
prefentation à la Cure de S. Remy , faite par fon Supérieur General à feu 
Monfeigneur de Meaux en 1697. Si le Deffendeur eft de l'Ordre de S. Auguf- 
tin , pourquoi cette qualité manque-t-elle dans cette prefentation , 6c eft- elle 
fourrée dans l'autre ? Pourquoi pour le bénéfice de Chauconin eft-il de l'Or- 
dre de S. Auguftin , & pour celuy de S. Remy de l'Ordre de la fainte Trinité } 
On en pénètre aifément lemiftere, c'eft qu'il faut être de l'Ordre du bénéfice 
que l'on veut pofleder. 

TROISIEME RAISON. 

Le Deffendeur ne" miliie y oint fous la Règle de faint Auguftin 3 O na point U 

qualité de Chanoine Régulier. 

Le Deffendeur eft de l'Ordre de la tres-fainte Trinité pour la Rédemption 
des captifs , fondé par S. Jean de Matha ôe S. Félix de Valois l'an 1197. ou 1198. auBuilù- 
qui luy ont donné une Règle propre , examinée par l'Evêque de Paris Se l'Ab- " Tom * '• 
bédé S. Victor , confirmée enfuite par Innocent III. dans fa Bulle opérante j 
mitigée depuis par l'Evêque de Pans : les Abbez de S. Vi&or & de fainte Ge- 
neviève, aufquels cette affaire avoit été renvoyée par le S. Siège , qui approu- 
va Ja mirigation dreiïee.par ces Commiffaires , 2c en accorda une Bulle Tan Au B » u * 
1167. qui commence in ordine vejîro , elle eft de Clément IV. ï.7™' 1 °" 

Les Souverains Pontifs fuccefîeursde ces deux premiers Papes ? ont toujours L „ sBll iieB 
reconnu cette Règle primitive ou mitigée pour la Règle propre de l'Ordre de retrouvent 
la Sainte Trinité. Cela paraît par la Bulle de Clément V1I1. de l'année 159^. f^j^jj: 
ad Militantes ; par celle de Paul V. de Tannée 1619. par deux autres d'Urbain vers livre 



VIII. de l'année 1635. Se 1636. par celle enfindu Pape Alexandre VU. de l'année im P riine2 ' 
1659. dans routes lesquelles Bulles il s'agit d'établir des reformes, ou des consti- 
tutions dans l'Ordre de la Sainte Trinité, conformément à la Rcglede cet Or- 
dre, que ces Papes difent être celle qui fut confirmée par Innocent III. 6c mi- 
tigée par l'autorité de Clément IV. 11 eft à remarquer qu'aucuns Livres authen- 
tiques ne fourniflènt une feule Bulle, ou l'Ordre de la Sainte Trinité foit mis fbus 



Tome III, 



4 
une autre Règle que fous celle de Saint Jean de Matha. Le Bullaire imprimé à 

Lyon en 1673. a plus de vingt Bulles données dans le feul fiecle paflé en faveur 
des Pères Trinitaires, où il n'eft pas fait la moindre mention de ia Règle de S. 
Auguftin , ainfi que de la qualité de Chanoine Régulier. Ce filencc eft une preuve 
de conviction^ contre les injuftes prétentions du DefFcndeur, &c propre à faire ren- 
trer 5. ou 4. Bulles incertaines, qu'il a produit dans leurs premières obfcuntez. 
L'Epitaphe de marbre apposée fur le tombeau de Saint Jean de Matha dans 
l'Eglife de S. Thomas de Formis â Rome , porte que l'Ordre de la Sainte Trinité 
aeifcé inftitué par ce Sûwtfubpropriâ Régula ftbi ab Apoftolicâ Sede conceffa. Le 
DefTendeur n'a rien eu à dire de folide contre l'autorité de ce témoignage. 

Les Chapitre Généraux de l'Ordre de la Sainte Trinité tenus dans les années 
1429. & 1573, ont reconnu pour Règle de l'Ordre celle de S.Jean de Matha , ôc 
l'ont fait imprimer à la tête de leurs Statuts. Le Père Bourgeois, Miniilre Pro- 
vincial, qui a fait imprimer cette compilation à Doiiay en i)86. en parle ainfi ï 
Cui prœfigendam Régulant Qrâinis & Patrum Statuta antiqua ordinavii. 

Les auteurs qui ont examiné cette matière avec quelque attention , n'ont don- 
né àl'Ordre de la Sainte Trinité d'autre Règle que celle de Saint Jean de Ma- 
tha j tel eft le Perc Sterlace, Hermite de Saint Auguftin, Vifiteur de fon Or- 
dre, qui a écrit en 1616. il déclare avoir cru autrefois que les Religieux Trini- 
taires militoient fous la Règle de Saint Auguftin , mais qu'il étoit revenu de cet 
erreur par la lecture de leur Règle , dont il avoit fait une exa&e perquifition, 
après avoir vu l'Epitaphe de faint Jean de Matha , Fondateur^de l'Ordre, qui 
porte que ce Saint lui a donné une Règle propre. Tels font les auteurs du Mo- 
nafticon Anglicanun , qui mettent à la tête de l'article où ils parlent des Trini- 
taires: Régula Monachorum Ordink SanHiJfîmœ Trinitatis, Et enfuite la teneur de 
la Règle. 

Monfieur Patru dans fon III. Plaidoyer de l'an i646.~nousreprefentelesSS. 
Fondateurs de l'Ordre de la Sainte Trinité , baifant les pieds du Pape , ôc lui de- 
mandant à genoux une Règle. La Règle , dit il , fe fit depuis. 

Le Révérend Pcrc Ignace Dilloud, Vit-diic General de la Congrégation des 
Reformez de l'Ordre de la Sainte Trinité, a donné au Public les vies de S. Jean 
de Matha 6c de faint Félix , où il foûtient fort au long que ces Saints Législa- 
teurs, font les auteurs de la Règle de l'Ordre , & qu'elle n'eft point celle de Saint 
Auguftin. 

Monfieur Baillet dans les vies de Saint Jean de Matha au 8. Février ,& de S. 
Félix au zo Novembre, donne pour Règle à l'Ordre delà Trinité, celle qui fut 
dreflee par Saint Jean de Matha, examinée par TEvêque de Paris & l'Abbc de 
Saint Vi&or , Se confirmée par le Saint Siège. 

Enfin le Parlement de Paris a reconnu pour Règle de l'Ordre de la Sainte 
Trinité , celle qui futeompofée par Ordre du Pape Innocent III. qui la confir- 
ma enfuite, & à laquelle il fut ajouté quelques nouveaux Réglemens fous l'au- 
torité de Clément IV. C'eft dans fon Arreft du 11. Février i6Sè> rendu pour con- 
firmer l'élection du Miniftre General des Mathurins, faite à Cerfroid en 1686. 
conformément à la difpofition de la Règle que la Cour fe fit reprefenter. 

Toutes ces preuves font dernonftratives , èc elles ont paru tels au DefTendeur 
même , qui après avoir qualifié cette Règle du nom de Conftitutions , dans Ces 
defFenfes fignifiées le 14 Mars 1704. a changé de langage dés qu'il a vu l'aver- 
tiftement du Demandeur où ces preuves font employées 6c expliquées avec plus 
d'étenduëi :I1 a donc dit dans fes Ecritures fignifiées en Septembre 1704. qu'il 
n'y a point d'incompatibilité a croire & Àfoûtenir que les Religieux de la Sainte Tri- 
nité avec une Règle propre , ne foi ent fous celle de Saint Auguftin, Syftême nouveau, 
fyftême inoiii, fyftême qui n'étant appuyé d'aucune preuve, tombe de lui-même j 
fyftême nullement favorifé par le témoignage de quelques Auteurs qui attri- 
buent par erreur 3 la Règle de Saint Auguftin à l'Ordre delà Trinité, ni par la 

difpofition 



* if 

difpofition d'un très-petit nombre de Bulles , tiret dei lieux obfcurs , & âufquel- 
les la Cour ne doit avoir aucun égard n'étant point homologuées au Parlement 
pour avoir force , félon la Coutume du Royaume. Ajoutons que ces Bulles incer-- 
raines & ces Auteurs trompez ne donnent point à l'Ordre de la Trinité une Règle 
propre, avec celle de Saint Auguftin $ ce qui feroit necefïàire pour donner quelque 
vray-femblance à la fi&ion du Deffendeur. Ilauroit eu plus de raifon d'alléguer les 
témoignages de ces Auteurs & de ces Bulles, s'il avoit fuivi fon premier fyftême, 
qui étoit de ne reconnoître pour Règle de fon Ordre, que la Règle de Saine 
Auguftin ^ mais l'évidence des preuves contraires ne luy a pas permis de le foû- 
tenir plus long-temps, ôc la crainte de perdre le bénéfice ufurpé, luy a faitimar 
gmer une alliance de deux Règles fuiviestout à la fois dans un même Ordre. 

Mais quand même le DrTendeur milireroic fous la Règle de Saint Auguftin , il 
luy refteroit encore à prouver qu'il eft Chanoine Régulier; qualité que n'a ja- 
mais porte fon Ordre, & qui par cet endroit fait un Ordre tout différent de ce- 
luy du Demandeur. Par exemple, les Hermites de Saint Auguftin, les Frères 
delà Charité } les Frères Prêcheurs ou Dominicains, Se plufieurs autres militent 
ainfi que le Demandeur fous la Règle de Saint Auguftin î cependant ces Ordres 
en vertu de la Règle de Saint Auguftin , prétendent ils être Chanoines Regn- 
guliers ? Ont-ils jamais fbdtenu avoir droit fur leurs bénéfices , 8c ne former avec 
eux qu'un même Corps , une même Société & un même Ordre ï Qui le pourroit 
ce femble avec plus de couleur que lesDominicains ? Leur S. Fondateur étoit Cha- 
noine Régulier, & illeur a donne la règle de S. Auguftin ; cependant ces Hommes 
Evangeliques fe font-ils jamais avifé de fe donner pour Chanoines Réguliers? 

Le Deffendeur a bien fenti qu'il n'avanceroit pas beaucoup avec la feule Règle 
de faint Auguftin , il falloit encore prouver contre le Demandeur qu'il eftoit 
Chanoine Régulier j pour erre du même Ordre ; mais ne pouvant foûtenir cette 
qualité qu'en démentant tous les Souverains Pond fes dans leurs Bulles y fa Rè- 
gle dans fon expofé , fa formule de Profeffion , fes Chapitres Généraux , les P ar- 
lemens , les Rois mêmes , l'ufage immémorial de fon Ordre qui ne s 'eft jamais 
qualifie Chanoine Régulier , Ordre de Saïuc Auguftin -, que fait le Deffendeur ? 
il fait de longs 5c vains efforts dans lès Ecritures pour ôter au Demandeur bùà 
tout fon Ordre le Titre de Chanoine Régulier ^ 8c cela fans autre autorité que 
la fienne, contre le témoignage d'une principale pièce de fa propre production, 
comme on verra dans la fuite. 

L'artifice eft trop greffier pour ne îe pas découvrir. On voit que le Deffen- 
deur par ce tour d'imagination veut mettre fon Ordre au même niveau, pour 
ainfi dire > que celuy du Demandeur •> confondre les différences de ces deux Or- 
dres par ces Titres de Religieux de l'Ordre de la Sainte Trinité, 8c Religieux 
de l'ordre de fainte Geneviève, qu'il range égale ment fous la Règle de S. Auguftin. 
Cette Règle luy eftoit neceffaire •> il ne trouve point d'incompatibilité à la joindre 
à la fienne. La qualité de Chanoine Régulier que porte le Demandeur ne s'ac- 
commode point avec fes prétentions * y il la luy ôte. Voilà comment Frère Mor- 
lon ajoute ôc retranche ce qui luy plaît pour foûtenir fon droit imaginaire. 

C'eft la pratique conftante de tous les ordres Religieux de nommer dans les Ac- 
tes de Profeffion la Règle qu'on embraiïe. Les Chanoines Réguliers de S. Auguftin 
expriment précisément qu'ils font voeu de vivre [ecuniùm Régulant Canonicomm 
Regularium Sanîli Auguftini , comme il fc voit par l'Acte de Profeffion du De- 
mandeur, qui eft à la fin de ceFactum. 

Les Révérends Pères Bénédictins promettent de même Yobëiïïznctfecundùm 
Regulam Sœnffc BenedicU : Les Religieux de Saint François nomment pareille- 
ment la Régie à laquelle ils s'engagent , qui eft celle des Frères Mineurs confir- 
mée par le Pape Honoré , fervare Regtclam Fratrum Minorum fer Dominum Pœ- 
fam Hon&rium confirmamm. Ces Religieux ôc les autres ne fè croyent pas aflii- 
jettis à d'autres règles qu'à celles qu'ils ont fait vœwd'obferver. Le Deffendeur 



6 

en a ufé de même j il a déterminé par fa Profeflîon la Règle qu'il vouloit fuivre, 
Se quelle Règle? celle de faine Auguftin? à la manière des Chanoines Réguliers 
fecundum Régulant Qanonicorum Regularium faniii Augufiini \ Non T La R.egle 
qu'il a promis de fuivre eft celle de l'Ordre de la Sainte Trinité , non pas la pri- 
mitive confirmée par Innocent 111. mais celle qui a efté mitigée 8c confirmée 

par Clément IV. Sub Régula modificata Sanïlijjïmœ Trinitatk. 0Mh 

Si l'Ordre du Deffèndeur milite fous la Règle de feint Auguftin comme fous 
fa Règle principale , cette Règle principale ne devroit-elle pas eftre exprimée 
dans la formule de Profeflîon de l'Ordre ? Pourquoi donc n'y eft-elle pas expri- 
mée? Pourquoy donc fe dire d'un Ordre T d'une Règle dont on n'a point voué 
Tobiërvance aux pieds des Autels > Que le Deffèndeur produife une acte de Pro- 
feflîon de fon Ordre qui le met fous la Règle de faint Auguftin, Se Chanoine Ré- 
gulier, alors il pourra contefteravec le Demandeur. Mais comme le Deffèn- 
deur malgré tant de preuves qui détruifent entièrement fon fyftême , veut toû* 
jours le foutenir par quelques objections. Nous y allons répondre. 

I- OBJECTION. 

Le II. Concile de Latran tenu en 1139. fous Innocent II. ordonne aux chap. 
16. Se 27. que toutes les perfonnes religieufes fe joindront à une des trois grandes 
Règles matrices approuvées du Saint Siège. Le IV. Concile General de Latran 
fous Innocent III. en izij. preferit la même chofe. Or ce fut entre ces deux Qonti- 
ciles & dans la vigueur de leurs Décrets que L'Ordre de la Sainte Trinité prit naiffaru 
se. DonCjôcc. 

RE'TONSE. 

Si la fidion du Deffèndeur avoit lieu, il s'enfuivroit que la Règle de Saint 
Auguftin feroit la feule Règle de l'Ordte de la fa in te Trinité, Se qu'il n'aaroit 
point de Règle propre avec celle de faint Auguftin , ce qui eft contraire au 
propre aveu du UcfFcnJcur. Mais rien n'eit plus mal imaginé que ce qu'il im- 
pute aux deux Conciles de Latran. Le IL au Can. IX. défend aux Chanoines 
cÔocïî! "j>! Réguliers Se aux Moines de traiter le Droit Civil Se la Médecine , /prêta Beato- 
l0 °4. rum Magiftrorum RcnediHi & Augufiini Régula , Si au Canon i<J7 il déclame con- 
tre certaines femmes qui vouloient pafïèr pour Moniales fans fuivre la Règle de 
font B a file , de faint Benoift ou de faint Auguftin : C'eft bien à la vérité ne re- 
connoître que trois Règles qui fubfiftoient alors pour les filles -, mais ce n'eft pas 
défendre d'en faire de nouvelles. Ce Concile aprécedé de 58 ans la naiffance 
de l'Ordre de la Sainte Trinité , fondé en 1198,^ ans après fon eftabliffement; — 

"~ Le IV. Concile General de Latran tenu en lai.y, défendit par fon can. 13. d'in- 

Tom. h. ftituer déformais aucune nouvelle Religion : Voicy les termes du Concile. Ne 
s ° nC i"X; att " nimia Religionum diverfitas gravem in Ecclefia Dei confujïonem inducat y jtrmiter 
prohibe mm , ne qui s de catero novam Religionem inveniat , fed quicumque vofaerit 
ad religionem converti , unam de approbatis ajournât , Jimiliterque qui' voluerit relipo- 
fam Domumfundare de novo régulant & inftitutionem accipiat de religionibus appro- 
batis. 

En confequence de ce Décret les Ordres fondez depuis ce Concile prirent 

une des Règles approuvées. Ce fut ce qui porta faint Dominique , Fondateur 

de l'Ordre des Frères Prêcheurs, a donner à [es Religieux la Règle de faint Au- 

eirf fefuf g u ^' n j ^ on ^ e ^ ere Alexandre , Religieux de cet Ordre. Mais les Ordres éta- 

13. & 14* mis devant la tenue de ce IV. Concile de Latran ne furent point fournis à cette 

part.u.ait. Loy. L'Ordre, par exemple, des Frères Mineurs, Se celuy des Carmes, dont 

les Règles furent approuvées Se confirmées par Honoré IIL L'une, qui eft celle 

Toml'foi ** es Frères Mineurs en 1213. parce que , dit ce Pape, elle avoit efté déjaapprou- 

46, ' vée par fon Prédecefleur Innocent III. L'autre en ni6. parce que, dit-il, enco- 

ibiJ. fol. 



Tome 10. 



7 
re , elle eftoit déjà en vigueur & en ufege avant ce Concile General. La datte 

de Pinftitucion de l'Ordre de la Sainte Trinité , qui eft de l'an 1197. ou 1198. fuffît 
feule pour convaincre route perfbnne équitable , que les Fondateurs n'avoient 
nulle raifcn de prendre en partage la Règle de feint Auguftin , ni de quitter en- 
fuite celle qu'ils avoient prife par autorité du Saint Siège. 

Si l'Ordre du Deffendeur avoit eu i changer de Règle, àc à adopter celle 
de faint Auguftin , c'eftoit fous Clément IV. lorfque les Pères de l'Ordre repre- 
fentent à ce Souverain Pontife , qu'ils ne peuvent plus fupporter les travaux ôc 
les aufteritez de la Règle de feint Jean de Matha : Il eftoit naturel de les mettre 
fous la Règle de faint Auguftin ; mais ce Pape renvoyé la Règle primitive aux 
Abbez de faint Vidor & de fainte Geneviève pour la mitiger. Mitigée , elle eft 
confirmée par Clément IV. 6c fous cette Règle l'Ordre de la Trinité fait Profef- 
fion, comme nous l'avons déjà dit. 

IL OBJECTION. 

La Règle primitive de l'Ordre de la Sainte Trinité a eftédrefrée,ou dumoins 
vûë Se examinée par l'Evéque de Paris 6c l'Abbé de Saint Vidor , 8c enfuite 
adoucie , corrigée , modérée par l'Evéque de Paris & les Abbez de faint Vidor . 
& de fainte Geneviève. Or il n'eft pas concevable qu'une Religion formée 6c re- 
formée fur le plan de faint Vidor de Paris , par un Evêque 6c des Abbez de faint 
Vidor bc de fainte Geneviève, puifTe militer fous une autre Règle que celle de S. 
Auguftin, C'eft ainfi que raifonne Je Deffendeur dans fes Ecritures. 

RE'TONSE. 

jW<y 
Suivant ce raisonnement la Reçle de faint Auçuflin eft la Règle de l'Ordre 

de la fainte Trinité, contre l'aveu propre du Deffendeur , qui admet encore une 

Règle propre à l'Ordre. On ajoute qu'il paroît par la fimple Jedure des Bulles 

d'Innocent III. 6c de Clément IV. que les Evêques de Paris 6c les Abbez de S. 

Vidor ôc de fainte Geneviève ont efté nommez uniquement Commifïiires par 

le feint Siège, pour faire leurs rapports aux Souverains Pontifes fur le fait de la 

Règle nouvellement compofée pour l'Ordre , ou pour la mitiger , adoucir 6c 

changer félon leur prudence, en fe la faifant reprefenter par les Religieux Tri- 

nitaires. 

Ce n'eftoit donc pas la Règle de faint Auguftin que ces Abbez faifoient Pro- 
feffion de fuivre, qu'ils avoient par confequent entre leurs mains, ôc qui n'a ja- 
mais eu befoin de mitigation. 

C'eft ainfi qu'on a vu Clément VIII. par fa Bulle de 159?. ad militantis^ don- nal1 "?. 
ner aux Trinitaires qui embraflbient une reforme en Efpagne , des Religieux 8 ° mî ' " 
Carmes 6c Francifcains non feulement pour Commiflaires, mais encore pour Vi- 
fiteursSc Supérieurs de leurs Maifbns durant un temps , fans que Ton ait jamais 
dit que par là les Trinitaires foient devenus Carmes 6c Francifcains : Et dans le 
fiecle paffé l'on voit que le Pape Urbain VIII. a commis le Cardinal de la ro- 
chefoucault pour travailler à reformer l'Ordre de la Sainte Trinité , de l'avis &c 
du confeil de tels Prélats qu'il jugeroit propres à cet employ. Le Bref eft de Pa "o°gfcl .Eo 
l'an 163 c. 6c fe trouve dans la vie de ce Cardinal. «"uf So. 

IIL OBJECTION. ult yt '- 

ht plus eiïèntiel de la difeipline religieufe qui eft l'office divin , aux termes 
de la Règle de la Trinité , fe doit faire de même qu'à feint Vidor. In regulœrièus 
horis morern ieati ViFioris obfervent. De plus la couronne des Clers de la Trinité 
doit être femblableà celle des Chanoines Réguliers de faint Vidor : In rafura 



s 

jtmiliter tnorem beati ViBoris fequamur ClerieL Donc les Trinitaires ont la Règle 
de faine Auguftin , donc ils font Chanoines Réguliers, 

RE'T> ON SE. 

La confequence tirée èm de la conformité detonfûre fe détruit par les paroles 
finvantes de la Règle. Laid verà barbât non radant , fe d eas ad modum Templa- 
riemm , vel Qonverforum Cifîercenjjum crefeerc permutant, Conclura-t'on de là 
que les Frères Convercs Trinitaires font de l'ordre des Templiers ou de Citeaux, 
parce qu'ils portent la barbe longue comme eux. Quel feroit le ridicule de ce 
raifonnement ? 

L'obligation de faivre la pratique de faint Victor à l'office n'eft pas une plus 
forte preuve que l'ordre de la Trinité milire fous la Règle de faint Auguftin, Il 
y a un chapitre fort long dans les premières Constitutions manufcrites de cette 
Abbaye , qui nous apprend quelle étoit la pratique de ces Chanoines à cet égard: 
f>, nj, 11 a pour titre y Quomodo fe debeant habere in horis regularibus. C'eft aquoyont 
rapport les mots citez de la Règle de la Trinité. Ce chapitre des Constitutions 
de îàint Victor ne parle que de la manière dont les Chanoines dévoient afïHter 
à l'office , des endroits où ils dévoient s'afleoir , fe tenir debout , ou s'incliner en 
récitant les Pfeaumes , quel ordre ils dévoient fuivre pour les entrées & forties 
du Chœur quand on étoit à l'office. C'eft ce que la Règle de la Trinité pref- 
crit à Ces Religieux , l'on n'en peut rien conclure de plus. 

IV. OBJECTION. 

Les Provinces afîemblées dans un Chapitre General Tan 1419. ydreiïerent 
des Reglemens ou dans le chapitre de l'office divin , il eft dit , cum timoré & re- 
verentia Deo ferviant; fècundùmque regulam beati Patris noftri Auguftini^ cantan. 
do S" pfattewLù units alium non prœvemat aut fequatw. Donc les anciens Trini- 
taires ont reconnu faint Auguftin pour leur Père, donc ils ont reconnu avoirfa 
Règle. 

K E T N S E. 

On nie formellement cette confequence , & on en démontre la fauflèté en 
deux mots y c'eft que les Deffiniteurs du Chapitre General de 1419. ont re- 
gardé comme la Règle de leur ordre , non pas celle de faint Auguftin ; mais 
celle qui avoit été donnée à leurs Prédécesseurs par les Papes Innocent 1 H. 
ÔC Clément 1 V. ils la prennent feule pour fondement des Reglemens qu'ils 
dreûent dans ce Chapitre : c'eft elle qu'ils appellent Régula plumbata , ou 
Amplement Régula , ou même Régula noftra y c'eft dans les articles du filence , 
du partage des biens , 8t de l'hofpitalité : il y a plus -, c'eft que le Père Bourgeois 
cy_deftus nommé , Compilateur de ces Reglemens , 8c de ceux d'un autre 
Chapitre General tenu en 1573 qui en ordonnoit l'impreffion , en y mettant à la 
tête la Règle de l'Ordre , comme on Ta déjà dit, n'a pas eu la moindre pen- 
fée de faire imprimer la Règle de S. Auguftin-, mais celle de S. Jean de Matha 
mitigée par l'autorité de Clément IV. Le Deffendeur a connoiflànce de ce 
Livre y car il en cite un extrait dans fa production. 

Pourquoy donc les Trinitaires du Chapitre de 1419. appellent-ils S. Auguftin 
leur Père ? C'eft par la même raifon qui a porté S. Benoift a appeller S. Bafi- 
kap.^Lm k ^ on ^ ere en parlant de fa Règle. Régula fanfti Patris noftri £apii par hon- 
neur , pour la mémoire de ce grand & fameux legiflateur des Moines d'O* 
rient. Cet exemple fuffit pour réfuter l'induâ:ion qu'on prétendoit tirer de cette 
dénomination; d'ailleurs on a une foule de témoignages des Auteurs Ecclefiaf- 
tiques qui donnent ainfi , par honneur , le nom de Père à S. Auguftin. 

V • 



9 

V. OBJECTION. 

Plufieurs Auteurs attribuent la Règle de S. Auguftin , à l'Ordre de la Tri- 
nité. 

RET ON S E- 

On a déjà dit que d'autres Auteurs , qui ont examiné la matière à fond , 
ont reconnu une Règle propre à l'Ordre & une Règle unique ; d'ailleurs ces 
Auteurs qui attribuent la Règle de S. Auguftin à l'Ordre de la Trinité , ne di- 
fent pas qu'il a encore une Règle propre ; ils ne fervent donc de rien au fyfte- 
me du Deffendeur qui admet deux Règles - t fon aveu fait voir que ces Auteurs 
iê font trompez en ce point. 

VI. OBJECTION. 

Les Trinitaires font en pofTeflîon de plufieurs Cures dépendantes de l'Ordre 
de faint Auguftin ^ donc ils font capables d'en poffeder ^ donc ils font de cet 
Ordre > donc ils ont fa Règle , 8c font Chanoines Réguliers. 

REPONSE. 

Le Deffendeur remarque dans fes écritures que le fcavant Evêque du Bellaî 
compte jufqu'à 98. Ordres Religieux qui fuivent la Règle de fàint Auguftin j 
veut il en taire autant d'Ordres de Chanoines Réguliers , d'Ordres capables 
de pofTeder les bénéfices de l'Ordre des Chanoines Réguliers de S. Auguftin j 
il n'y a pas d'apparence. 

Si quelques Religieux de ces Ordres fe font emparez de ces bénéfices , on 
aura toujours à leur dire que mauvalfcj pofTeiïïonf n'acquiert point droit. Le 
Deffendeur a produit un certificat de Frère Simphorien Recoquillé , pourveu 
d'un bénéfice de l'Ordre de S. Auguftin , par Monfeigneur l'Èvëque de Poi- 
tiers , dont il a enfuite obtenu des Provifions en Cour de Rome ^ il ne s'eft donc 
pas crû capable, en qualité de Religieux de l'Ordre delà fainte Trinité, de 
poflèder un bénéfice de l'Ordre de S. Auguftin. On foait que les Provifions 
de Rome ordonnent à ceux qu'elles gratifient d'un bénéfice, défaire profeffion 
dans la maifon d'où dépend \cim bénéfice 3 ainfique l'a pratiqué tout récem- 
ment le Père Auguftin le Breton Trinitaire j pourvu par refignation du Prieuré- 
Cure de Vraignes , Diocefe de Noyon , dépendant de l'Abbaye de S. Barthele- 
mi de Noyon Ordre des Chanoines Réguliers de S. Auguftin, qui s'eft prefenté 
au Prieur &; Chapitre de ladite Abbaye pour y être receu in Fratrem, fuivant 
ce que luy preferi voient les Provifions de Rome & le Vifa de Monfeigneur de 
Noyon , & s'eft retiré fans être admis , prenant pour refus la réponfe dudie 
Prieur fie Chapitre , qui ont néanmoins confenti qu'il jouifTe paifiblement dudic 
bénéfice, comme il eft porté dans l'acte de fa requifition , paffé pardevant de 
Targni Notaire Royal Ô£ Apoftolique au Diocefe de Noyon > le 1. O&obrc 
1701. 

Plufieurs Trinitaires qui poffedent des Cures de l'Ordre des Chanoines Ré- 
guliers de S. Auguftin en jouiflent ainfi en vertu des Provifions de Rome ; & 
ceux qui en ponèdent autrement font fujets à être troublez , de même que le 
Deffendeur $ ainfi leur poflèffion ne fortifie point fon droit. Par ou Ton répond 
au certificat du Père Michelin Trinitaire, Miniftrede S. Jacques de Troyes , oC 
Provincial de fon Ordre, que le Deffendeur a pareillement produit , qui dé- 
clare que deux Cures dépendanres des Abbayes ou Prieuré de Chanoines 
réguliers de l'Ordre de faint Auguftin, font poûedez par des Religieux de fon 



10 

Ordre. Quant à ce qu'il ajoute qu'un de Tes Religieux deiïert une Prébende 5c 
Canonicat dans l'Eglue Collégiale de S. Eftienne de Troyes , qui e(t de la 
nomination de fondit Monaftere , il n'en refaite pas que les Trinitaires militent 
fous la Règle de S, Auguftinôc foient cenfez Chanoines Réguliers. On voie grand 
nombre de Moines poiîèder dépareilles Prébendes dans les Eglifes mêmes Ca- 
thédrales du Royaume. Les Religieux de S. Martin des Champs de Paris, Ordre 
deCIugni, enontune dansl'Eglifede Nôtre-Dame de Paris i furquoy l'on peut 

Ed aë o *a voir ce que dit Loiiet fous la lettre B. chap. u. 

Paris Ims! I-e Deffendeur produit encore dans fa première pièce article 5. une copie de 
l'acte de prife de pofleffion de Frère Jofeph Dubois , du Canonicat del'Eglifede 
Touflaints de Mortaigne , Diocefe de Sées , fur la prefentation du Minjftre 
General de l'Ordre de la fai nie Trinité j ce Canonicat appartient de droit au 
Miniftre de S. Eloi de Mortaigne dudit Ordre s qui eft Chanoine né de ladite 
Eglife deToufTaints i ai n fi que le Prieur de Chartrage , Ordre des Chanoines 
réguliers de S. Auguftin, &c le Doyen ou Prieur de Kogent le Rotrou Ordre de 
Clugny , fuivant un ancien titre de Tan 1388. ainfi cette allégation eft inutile & 
même contraire au but du Deffendeur. 

Contredits contre la production du Deffendeur, 

Elle eft compofée de huit pièces, dont les deux certificats cy-deflus contre- 
dits font la cinquième & fixiéme y les autres excepté la huitième font de fimples 
copies collationnées , qui ne font point foy en juftice, comme l'a remarqué le 
Deffendeur dans fesdeffenfes lignifiées le 14, Mars 1704. fansfe départir de ce 
moyen l'on dira en peu de mots , 

Sur la première 'Tiece. 

Que c'eftune eompiLatioe de plufieur» «Aesdont les trois quarts font inutils 
à la queftion , comme le premier y le troifiéme , le quatrième y . le cinquième, le 
fixiéme & le huitième , qui tendent à prouver , ou que les Trinitaires font ca- 
pables de poffeder des Cures & des Prébendes , 6c en poffedent t ou qu'un Evê- 
que Doyen de S, Eftienne de Meaux & Abbé de Chaâge a donné fès Lettres 
de grand Vicariat, tant pour fon Doyenné que pour Ion Abbaye , à un Mi- 
niftre General de la Trinité j ou que l'Ordre de la Trinité eft une efpece d'Or- 
dre militaire & de chevalerie ; comme fi cesxfpeces de chevaliers ne pouvoient 
pas avoir une Règle propre à leur Ordre , ainfi qu'on l'a demonftré. Le fécond 
article fera contredit avec la troifiéme Ôc quatrième pièce de fa production. 
L'induction que le Deffendeur prétend tirer du paffage cité dans l'article fep- 
tiéme , fe trouve contredit dans la réponfe à la quatrième objection. 

Sur la deuxième *Piece. 

C'eft un ramas affez inutile de citations des Bréviaires de l'Ordre ,qui font 
deux claflesde Trinitaires j l'une de Chevaliers, l'autre de Docteurs: on don- 
ne le choix au Deffendeur de fe mettre en celle qu'il voudra , s'il n'aime mieux 
fe ranger fous toutes les deux , quoique l'une luy convienne mieux que l'autre - y 
mais ny la Chevalerie, ni le Doctorat ne le rendront pas Chanoine Régulier. 

Sur la troifiéme O* quatrième T/etf, 

Les deux Bulles rapportées dans ces deux pièces, Se celle dont eft fait extraie 
dans l'article 1. de la première pièce, fuppofant qu'elles foient véritables Se non 
altérées j car ce ne font que des copies 3 n'appuyent point le fyftême du Def- 



H 

fendeur , qui donne deux Règles à l'Ordre de la fainte Trinité. La Bulle de 
Clément VI. qualifie fimplement les Frères de la Trinité de l'Ordre de faint 
Auguftin, encore cette qualification fe trouve-t- elle dans l'énoncé delà Bulle, 
qui a été drefléf parles iupplians, Celle de Clément VII. en iytf. Se de Gré- 
goire XIII. en 1578. ( qui font des dattes récentes par rapport à Tétabliflement 
de l'ordre fait en 1198. ) ne donnent aux Trinitaires que la Règle de fàint Au- 
gui tin. 

Mais leur témoignage ne peut prévaloir à l'autorité de la multitude des 
Bulles publiques 6c autentiques, qui donnent une feule Règle, une Règle pro- 
pre à l'Ordre de la Tnnicé, fans parler de celle de S. Auguftin. c'eft au Def- 
fendeurà faire voir que ces Bulles ont été receuës en France , par des Lettres 
Patentes de nos Rois & homologuées au Parlement ; c'eft à luy à marquer le 
temps auquel fon Ordre a adopté la Règle de S. Auguftin , & fous quelle au- 
torité cette alliance s'eft faite j c'eft à luy à direpourquoy depuis cette allian- 
ce fon ordre n'a point commencé à fe dévouera Dieu, fub régula fanHi Auguf 
tint ; mais a toujours continué à faire vœu de vivre fub régula modifiât ta. 

Philippe Augufte Roy de France a confirmé par fês Lettres Patentes la Règle 
que S. Jean de Mat ha avoir obtenu du Pape pour fon ordre } fans une pareille 
autorifation la Cour ne pafTera point aux Trinitaires qu'ils prennent de nouveau 
pour Règle celle de faint Auguftin , quand Rome l'ordonneroit ainfi. C'eft la 
Junfprudence du Royaume ,, clairement marquée dans l'Arreft du Parlement 
du 11. Février 1688. ' . 

Sur la Centième 'Pièce. 

C'eft un Fa&um pour le Miniftre Se Procureur General de la Trinité 5 con- 
tre un Religieux dudit ordre , au fujet d'une minifterie d'Avignon , dont le titre 
de l'ancienne fondation eft rapporté , contenant qu'un Laïque £c fa femme 
fondent une Chapelle- pour être deftèrvie par des Religieux de l'ordre de la 
fainte Trinité -,- cjtn vivTont fous la Règle de S. Auguftin : Le Pape Innocent 
VI. à qui ils demandent confirmation , accorde la defîèrte aux frères Trinitai- 
res , fans marquer qu'ils fùivront la Règle de S. Auguftin. C'étoic au Pape à 
régler cet article , ne l'ayant pas fait , il demeure nul Se fans force : les Auteurs 
mêmes du Factum admettent une Règle propre, Fratres ordinis jupa Propria p a g. j 
régula ivftituta , ce n'eft donc pas celle de S. Auguftin, qui eft la règle de l'or- 
dre. 

Sur la huitième Tiecc, 

C'eft une Déclaration du Roy en date du 77. Février 1705. en faveur de Tor- 
dre de la fainte Trinité ; portant que les Religieux dudit ordre pourveus de 
Cures , pourront être révoquez par le Chapitre ou Supérieur General , en 
confideration des avantages que la Congrégation de France , des Chanoines 
Réguliers de faint Auguftin & l'ordre de Premontré tirent de cette difcipline ; 
furquoy Ton ne peut s'empêcher d'obferver qu'il eft tout- à-fait agréable de voir 
le Deffendeur , qui mec une grande partie de fès écritures à contefter au De- 
mandeur 6c à les confrères la qualité de Chanoine régulier de S. Auguftin, em- 
ployer une pièce qui le convainc fi formellement de faire en cela unemauvaifèôc 
pitoyable conteftation j puifque la Déclaration même de Sa Majefté qualifie 
les confrères du Demandeur de Chanoines réguliers de S. Auguftin de la Con- 
grégation de France, 

Il eft dit enfuite dans l'énoncé de cette Déclaration , que l'ordre de la Trini- 
té a comme pour principale règle celle de S. Auguftin. La Déclaration ne parle donc 
point comme les trois Bulles citées par le DefFendeur - 7 mais qu'elle eft la moins 
principale règle de l'ordre de la Trinité ? c'eft fans doute celle de faint Jean de 
Matha , quoique la Cour l'ait jugée la principale , ou pour mieux dire Tunique % 



g-î- 



11 
Tayant fait fervir de fondement au jugement rendu par fon Arreft du h. Février 

ï6Si. 

Auflï Sa Majefté , qui n'entre point dans l'examen de ce fait , inutile pour l'é- 
tabliflèment de la révocabilité des religieux Curez, de quelque ordre qu'ils 
fbient , ne fait point reprefenter à fon Confeil la règle de faint Auguftin ; mais 
feulement les Lettres Patentes de 1679. la Déclaration de 1700. &c les Statuts 
Généraux de l'ordre de la Trinité des années 1598. 6c 16 ro. Notfeigneurs du 
grand Confeil en ufent de même dans leur Arreft d'enregift rement : mais ce qui 
eft tout-à-fait digne de remarque, c'eft que la déclaration diftingue les Cures 
qui ne font pas de l'ordre , de celles qui font annexées à l'orare > furquoy l'on 
demande quelles font les Cures qui ne font pas de l'ordre , finon celles de l'or- 
dre des Chanoines réguliers de S. Auguftin, &de l'ordre de Prémontré y donc 
l'ordre de la Trinité eft un ordre différent de ces deux ordres, aux termes mê- 
me de la Déclaration. 

Ainfi les Trinitaires ne doivent point être regardés comme Religieux de l'or- 
dre de S. Auguftin , dont ils ne font pas même profeflion de fuivre la Règle , 
comme on l'a déjà dit 5 leur Profeflion fe fait fub régula moâificata & confiitu- 
tionièm srdinis fanïliMmœ Trinitatis. Le Deffendeur qui a fait une pareille pro- 
feflion en la Chapelle Royale de Fontainebleau le u. Novembre 1683. veut-il 
reclamer contre cet acte folemnel , qui atteftera à jamais que fa règle princi- 
pale & unique eft celle de S.Jean de Mâcha 3 puifqu'elle eft la feule qu'il a fait 
profeflion de fuivre. 

Quand même il auroit fait profeflion fous la règle de S. Auguftin, comme font 
les Hermites de S. Auguftin , les Frères Prêcheurs, Sec. il ne s'enfuivroît pas , 
comme il a déjà été remarqué , qu'il fut Chanoine Régulier ôc habile à pofll 1 - 
der y fansdifpen(e , les bénéfices de cet ordre. 

On voit donc clairement par tout ce qui a été dit , que le Deffendeur ne 
fait point profeflion de fuivre la règle de S. Auguflin ; quifn'a jamais pafle pour 
Chanoine Régulier , qu'il n'a. produit aucun titre pour appuyer en fa faveur 
cette qualité , que fon Ordre n'a jamais prétendu être de l'Ordre des Cha- 
noines réguliers de S. Auguftin , aucun de fes Religieux ne faifànt profeflion de 
vivre félon la règle des Chanoines Réguliers de S. Auguftin , comme le De- 
mandeur ÔÇ tout fon Ordre , Sccundùm reyilam Canonicorum regularium fanfii 
Aupifimi-. Que tous les Souverains Pontifes , les Auteurs les plus exacts, tant 
anciens que modernes , donnent à l'Ordre de la Trinité une Règle propre , une 
Règle unia^Primitive confirmée par Innocent III. mitigée , confirmée par Clé- 
ment IV. fit ne le dénomment jamais, Ordre des Chanoines réguliers de faint 
Auguftin j ainfi que les Chapitres Généraux , les Confticutions , les Statuts , 
& tous les Pères de l'Ordre du Deffendeur [ que tous les titres qu'il a produits 
font des titres foibles 3 incertains , recens & en petit nombre $ de plus , que 
quand ils feroient bien avérez, plusanciensôc plus nombreux, on aura toujours 
lieu de croire que la Cour n'y aura aucun égard , après avoir vu ce qui a 
été allégué pour détruire le faux fyftême du DefFendeur - y parce qu'EUe ju- 
ge félon le mérite & la vérité des titres y Se non pas félon leur antiquité Si 
leur nombre : On efpere qu'Elle fuivra en cette conteftacion , l'exemple du 
Confeil privé de Sa Majefté , qui par fon Arreft rendu le 30. Juin 1704. 
fait deffenfe aux Beneficiers de 1 Abbaye de Jouarre, Diocefê de Meaux, de 
prendre la qualité de Chanoines, mais feulement celle de Chappellains de la- 
dite Abbaye, bien que ces Meilleurs accufalTent de très- anciens Titres, 6c fur 
tout leur vieux Cartulaire , appelle le Cartulaire des Chanoines, ou dans un 
article du 18 Septembre 1066. ils font dénommez Chanoines. Le DefFendeur 
n'a rien >de Ci ancien ni de fi authentique pour appuyer ia prétendue qualité de 
Chanoine Régulier qu'il n'a aucun droit de s'attribuer , non plus que la rè- 
gle de faint Auguflin. 

C'eft 



13 
C'efl: fous ces moyens que fe renferme ïe Demandeur , pour obtenir la main* 

tenue dans fa poflefllon du Prieuré-Cure de faint Saturnin 6c Nôtre-Dame de 

Chauconin fon annexe; Prieuré Cure qui faicpartiedela première dotation de 

l'Abbaye de Chaâge dont il efl: Chanoine , 8c poifedé depuis fon affectation 

par fes prédeeefTeurs , par une fucceffion non interrompue de fix cent ans. 

Titre de la Vondation de l'Abbaye de Chaige, 

IN Nomine San&iffims & Individus Trinitatis j Ego Harpinus Meldenfis 
Ecclefis Decanus, & totus ejufdem Ecclefis Conventus, notum ficri volu- 
mus prsfentibus Se futuris, quod nos Meldenfes Canonici divinitus m/pirati, &c 
prudentium religiofbrumque virorum confilio ufi , Ecclefiam Beats Maris de 
Cagiâ Canonieis negulanbus decorare diipofuimus, Se de Ecclefiâ Beati Vido- 
ns Parifienfis domnum î&nam in Abbatfljm unaniiniter intelligentes , prsnomî- 
natam Ecclefiam Bears Mans de Gagiaprsfato Abbati, Se Canonieis negula- 
nbus, Se omnibus eorum fuccefîoribus, înperpetuum poilïdendam conceffimus, 
Se quidquid ad Prc/byterium ejufdem Ecclefis pertinet ; câ tamen conditione , 
ut finguiis annis lx. fol. nobis perfolvant , donec quod tantùmdem valeat reci- 
piamus conceffimus etiam eidem Abbati , Se Canonieis Regulanbus vineam , qus 
fuit Letoldi Prspofiti , Se vineam qus fuit Aiïèlini Prefbyteri , Se vineam qus 
fuit Guntardi, Se terram cum hofpitibus, qus fuit Fulconis Rufi , Se terrant quas 
fuit Godefridi , qus efl: apud Villarn-in-Oculum :3c duo arpenta terrç quaz func ^^ 
Braiis fàndi Faronis, & terram qus fuit Herberti Letardi , Se terram Beats Ma- 
ris qus efl: apud Chauconi , Se duo arpenta prati in Cagia. Prêter hoc cenfum 
Herberti Goriat, Se cenfum Rogeri de nuclel , Se decirnam quam Simon de Cloia 
dédit Beats Maris qus efl: apud Chauconii , Se decirnam quam dédit Ebrardus, 
qus efl apudeamdem Villam. 

Confirmavimus etiam eis prsbendam Sacerdotalem cum omni integri- 
tate apud S. Stephanum hahenHam; ira tamen quod unus ex Canonieis a.cgu~ 
laribus, hebdomadam unius Prefbyteri fuccelîîvè ordine fuo apud S, Stephanum 
faciat, &: Annualia omnium Prsbendarum, ûvc creverint vel decreverint quo- 
quo modo perlons , vel Bénéficia Prsbendarum mutentur. Cantuarium etiam 
S. Stephani , quod Cappellaniam aptiùs dicere poflumus eifHem conceffimus, 
qus Cappellania frequentiùs habetur in Altari fancli Joannis- Baptifts propè 
Baptiflenum 6c in Feilis omnium Altarium, qus continentur infrà Ecclefiam S. 
Stephani, exceptis majus Altare Se matutinale. Et Canonicus de G>agia ibide- 
ierviens omne Beneficium recipere débet prster candelas ; Conceffimus etiam eis 
Ecclefiam de CLoia cum omnibus appentiis fuis Se Ecclefiam de Oucora ,Sc Ec- 
clefiam Sancli Remigii de Venna, Se Ecclefiam de Fontanetto, 5c Ecclefiam 
fâneci Saturnini , fie Capellaniam fancli Rigomerii , & décimas quas Simon fi- 
Jius Hatonîs de Laniaco habebat apud preffi , Se décimas quas Adam de pu- 
teo habebat apud Lufèntiacum , illis dimittentibus illas décimas in manu Domini 
Manafle Epifcopi noftri, Annuimus etiam eis quod fi quidde feodalibus, vel 
cenfualibus ipfius Epifcopi vel Capituli noftri acquirere potuerint libère eis Ji- 
ceat, fal vis tamen ce n fi bu s Epifcopi &L nofiris. Porrô décimas qus à Laïcis vel 
Clericis, jure hereditario, vel titulo emptionis, vel quolibet alio modo contra >■ 
Canonicam Cenfuram detinentur infrà terminos , Parochiarum prsdidarum y 
nulli liceat fme eorum 6c affenfu Epifcopi in eleemofinam , vel quolibet alio per- 
petuo poffidendas recipere. Aditientes etiam eis quod fi aliquis Canonicus , vel 
aliquis Cliens Epifcopi, vel aliquis extraneus, fivè in vita , fivè in morte aliquid 
Beneficiorum fùorum eidem Ecclefis tradere voluerit , libère ei liceat. Et fi 
quis quod abfit fuper fuprà didis , vel aliis acquirendis prsdicYam Ecclefiam in- 
juftè moleftaverit tantum pro injuriis eorum corrigendis 3 quantum pro noftris 
ergà malefadlores fâtisfaduri fumus, 

B 



A£um eft hoc m Capitule Beatae Maria; Sanctiquc. Stephani in prxfentia 
Manafle Epifcopi noftri anno Incarnationis Dominka:. M°. C g . X X XV». 
,^S,Harpini Decani Theobaldi Archidiaconi, Stephani Cantoris, Odonis Praspofiti, 
nenaudi Praepofiti , Radulphi Prefbyteri, Pagani prefbyteri , Arnulphi prefby- 
terij Hilderii preCbyteri, nenoldi prefbyteri , Odonis Prxfb. migonis Diaconi, 
retri Diaconi, Odonis Diaconi > Landnci Clerici, BifoliSubdiacon^Goderridi 
SubdiaconijAdac Subdiaconi , Gaufridi, &c in dorfo propè figillum fie feriptum eft. 

h a rp in us. 

Acte de ^Profejfton du Défendeur. 

formuu'r 5 ' I i ^ ^ Frater N. Clericus , promifto San&iffimae Trinitati , & Beatœ Man'îC 
«ihglon! _T\ femper Virgini , Êc Beatis Patribus noftris, fanai Joanni & Fœlici, 8c tibi 
Ord. 5S. Kcverendo Patri N. Miniftro hujus Conventûs N. nomme fit vice Reverendiffi- 
àit™* \nâ. mi Patris noftri N Miniftri Generalis, 6c fucceflbrum ejus. Emendationem mo- 
ueo. rum meorum pracipue in claftitate^ôc fine proprio, Sein comrnuni ôcin obe- 
pag : J ° 5 * dientia vivere ufqueadmortem:Subregulamodificata8c. Conftitutionibusordims 

SancHflimae Trinitatis Redemptionis Captivorum , fecundùm gratiam rnihi col- 

latam à Domino , 8c facultatem virium mearum. 

Poft vocorum emiffionem , Superior dicit accipe Frater, regulam & con- 

ftitutiones quas obfervare debes. Concedo tibi panem 6c aquam in fignum fc- 

cietatis accipeque difeiplinam , quâ fi oportuerit corrigendus eris. 



El 



AUe de Trofejfwn du Demandeur. 

GO Frater JoannesRicherjVoveo & promitto Deoomnipotenti,fub tute- 
_,la & favore Sacrac Virginis Maria: , fancli Auguftini 8c omnium San&orum, 
toto vira: fpatio fervare paupertatem, caftitatem, ôc tibi Reverendiflimo Patti 
Joanni de Montenay t bûjus Monafterii Abbaci * locum Dei tenenti ôc fucceflo- 
èeQuA^ J H<XmJ ribus tuis A /vivere fecundùm regulam Canonicorum Regularium fanctJi AuguiU- 

ni, 6c Con ftitutiones hujus Congregationis* incujusrei tidem propriâ manu fub- 
ferip-fi. Actum in Monafterio fanda; Genovefa: , annoDomini 1691. die prima 
Junii fignatum. F. Joannes Ri cher. Et infrà F. 10AN NES DE 
MONTENAr, 

éMonfîeur ^PATEN, Lieutenant Central 3 Rapporteur. 

M. M L Y , Avocat. 
M. BRID OU, Procureur.